Studio_Leigh est une plateforme d’exposition et de production qui vient d’ouvrir ses portes dans une ancienne fabrique de vernis du 19ème siècle, dans le coeur de Shoreditch, quartier de l’est de Londres.

Pour cette première exposition, 27 artistes ont été invités à penser la limite entre fonction et objet d’art, appelés à imaginer comment les préoccupations inhérentes à leur travail pourraient se matérialiser en une œuvre physique et fonctionnelle, ancrée dans le quotidien.

Selon les idées des artistes, et les requis de leurs projets, Studio_Leigh les a mis en relation avec des artisans indépendants, eux aussi basés au Royaume-Uni: souffleurs de verre, tisserands, électriciens, ébénistes, couturiers…

« Le propos n’est pas de dessiner une collaboration entre un artiste visuel et un artisan, mais d’offrir à ces artistes en début de carrière des moyens de production à la hauteur de leurs idées »
Tayah Leigh Barrs

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Vue de l’exposition, avec les oeuvres de (de gauche à droite): Nicolas Deshayes, Florence Peake, Aaron Angell et Matt Ager. Photo: courtesy Studio_Leigh

Toutes les pièces ont donc été pensées et réalisées spécialement pour l’exposition. Studio_Leigh ayant le rôle de galeriste mais aussi de commanditaire, de collaborateur.

En dialogue avec le studio depuis le début de la production jusqu’à l’exposition, les artistes ont l’opportunité d’expérimenter avec des matériaux ou processus techniques qui ne leur sont pas forcément familiers, beaucoup d’entre eux ayant des pratiques ‘lo-fi’, vidéos ou liées à internet.

Cette approche de commanditaire différencie Studio_Leigh des nombreux espaces qui ouvrent leurs portes à Londres, à l’initiative de jeunes curateurs et galeristes. Tayah Leigh Barrs, 26 ans, précédemment directrice artistique, a quitté son poste il y a un an pour lancer ce projet. Le but est bien de vendre ces pièces, pour permettre à Studio_Leigh de continuer à proposer cette plateforme à des artistes aux pratiques émergentes.

Ce groupe de 27 artistes, majoritairement basés à Londres, sont presque tous nés dans les années 80. Beaucoup d’entre eux sont sortis d’une des écoles d’art de Londres ces dernières années, et tous sont actifs sur la scène contemporaine anglaise. Certains plus établis, comme le français Nicolas Deshayes ou l’américano-belge Cécile B. Evans, d’autres plus ‘up and coming’.

Nicolas Deshayes Filth Takes Off Its Shirt, 2015 210 x 150 cm Jesmonite, tuyauterie de chrome, vannes, eau chaude Photo: courtesy Studio_Leigh

Nicolas Deshayes, Filth Takes Off Its Shirt, 2015. Jesmonite, tuyauterie de chrome, vannes, eau chaude
Photo: courtesy Studio_Leigh

Sur les 3 étages de cette ancienne usine aux murs de briques et parquets en bois, s’exposent donc un radiateur boyaux, un pullover inspiré de l’histoire d’amour d’un compositeur, une plaque de verre maintenue par des pastèques en porcelaine ou encore un puzzle de bois cartographie du trottoir inspiré des animaux d’Enzo Mari.

Occasional Lamp de Mark Essen se base sur un design de l’artiste anglais Brion Gysin. Le cylindre, conçu en 1961, tournait à un certain rythme, pour créer des « alpha waves » censées hypnotiser l’utilisateur. Essen, intéressé par les liens et tensions entre beauté et obsolète, transforme ainsi l’objet en un hybride domestique, entre lampe et table d’appoint.

Vue de l’exposition, avec les oeuvres de (de gauche à droite): Joseph Frazer, Marco Palmieri, Marianne Spurr & France-Lise McGurn, Mark Essen, Ophelia Finke et Elias Hansen & Blake Hudson Photo: courtesy Studio_Leigh

Vue de l’exposition, avec les oeuvres de (de gauche à droite): Joseph Frazer, Marco Palmieri, Marianne Spurr
& France-Lise McGurn, Mark Essen, Ophelia Finke et Elias Hansen & Blake Hudson. Photo: courtesy Studio_Leigh

Aaron Angel – sorti de la Slade School of Art en 2011- dont on connait les sculptures en céramiques (mondes naturalistes à l’esthétique inspirée des céramistes anglais des années 1970) a fait construire pour l’exposition un bateau de plaisance. Planchette dont l’ancre est une sculpture, et qui fait aussi office de tombeau pour chat, est né d’un vœu de l’artiste de réhabiliter l’artisanat anglais, tout en renvoyant à l’intérêt de l’artiste pour les faux véhicules talismaniques.

Aaron Angell, Planchette, 2015. Bateau à rames en bois, 2 rames, peinture pour bateaux, ligne d’ancrage verte, ancre en fonte d’aluminium, dames de nage en laiton, forme vide d’un chat. Photo: courtesy Studio_Leigh

Aaron Angell, Planchette, 2015. Bateau à rames en bois, 2 rames, peinture pour bateaux, ligne d’ancrage verte, ancre en fonte d’aluminium, dames de nage en laiton, forme vide d’un chat. Photo: courtesy Studio_Leigh

Ariane Schick, diplômée de l’ENSA et des Royal Academy Schools, propose Birdcage, une cage pour canaris, inspirée des illustrations, à l’échelle et colorée à la main, de John James Audubon pour le livre « Birds of America ». Le visiteur est invité à considérer et filtrer cet habitat, artificiel, sauvage, domestique, défini par ces structures linéaires.

Ariane Schick Birdcage, 2015 190 x 60 x 60cm Aluminum, verre, plexiglas. Photo: courtesy Studio_Leigh

Ariane Schick, Birdcage, 2015. Aluminum, verre, plexiglas. Photo: courtesy Studio_Leigh

Plus d’informations

Exposition visible jusqu’au 6 novembre 2015

Site web

Studio_Leigh, 4 Garden Walk, London, EC2A