C’est dans l’appartement-atelier « La Laverie » qu’Hélène Garcia, commissaire de l’exposition, nous accueille pour l’exposition « Home Alone », joyeuse réunion de 10 artistes venus d’ici et d’ailleurs. Située dans le très animé quartier de Belleville « La Laverie », expose des jeunes artistes depuis 2011, guidée par la volonté de ses occupants d’offrir, dans un contexte atypique, un regard diffèrent sur l’art contemporain et émergent.

Avec les artistes : Andy Sewell, Annie Descôteaux, Antoine Carbonne, Cécile Chaput, Charlotte Boutron, Louis Gary, Christopher Füllerman, Hélène Garcia, Elizaveta Konovalova, Photographies (Cornelius de Bill Baboul & Madeleine Kotte) et Justin Morin.


Dés le début de la visite c’est avec un subtil équilibre entre l’historique du lieu, qui est une véritable habitation, et le titre de l’exposition que le voyage commence. Car l’exposition « Home Alone » est un voyage immobile entre vision et pensée, entre ici et là-bas et surtout entre eux et nous.

« La résurrection du mélèze », une sculpture de Louis Gary semble avoir toujours été là mêlant la lumière artificielle de ses ampoules à la lumière naturelle du puit de lumière qui surplombe l’appartement-galerie.

Le travail des 10 artistes sélectionnés nous offre une vision fantasmée d’un intérieur qui semble familier mais ne l’est pas vraiment; entre l’idée que nous pouvons nous faire d’un intérieur et ce qu’il est vraiment.

Le fait que le lieu soit réellement habité ajoute une touche particulière à la visite comme si l’histoire des habitants, l’histoire des artistes et celle du visiteur ne faisait plus qu’une durant la durée de la visite.

Dans le texte de présentation de l’exposition, Hélène Garcia nous propose de nous interroger sur notre vision de l’espace privé. Un questionnement au coeur de l’exposition « Home Alone », puisqu’il s’agit d’un espace privé-pluriel.

Les artistes invités, jouant sur les codes de l’environnement domestique, nous invitent donc dans une maison transfigurée : certes il y a des chaussures dans l’entrée mais elles sont sténographiées et peintes par l’artiste Antoine Carbonne, les livres-carnets nichés dans l’entrée sont une composition d’Hélène Garcia qui recomposent avec le dehors et le dedans et les simples plantes du salon apparaissent monumentales dans les sculptures de l’artiste Christopher Füllerman.

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Antoine Carbonne et Hélène Garcia. Crédit Hélène Garcia

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Christopher füllemann et Cécile Chaput. Crédit Hélène Garcia

« Home Alone » est une exposition éclectique dont la richesse se découvre au fur et à mesure de la visite.


Un véritable terrain de jeu autant pour le collectionneur averti que pour le simple amateur tant les possibles y sont ouverts.


 

Le travail d’Annie Descôteaux illustre bien l’idée de l’illusion : ce que l’on croit voir dans une exposition n’est pas forcément ce que l’on a réellement devant les yeux.

Son travail, qui raconte en papier découpé des petites scènes de la vie quotidienne, joue sur le contraste entre l’apparent désordre qui règne dans l’image et la rigueur du cadre qui l’entoure. L’explosion de couleurs de l’image en elle-même et la respiration du pourtour qui l’entoure .

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Annie Descôteaux. Crédit Hélène Garcia

Les gants blancs sont de rigueur pour feuilleter l’unique exemplaire restant du livre « Ghost » de l’artiste Elizaveta Konovalova réalisé à partir de reproductions de planches photographiques prises dans les vieux hôtels particuliers parisiens.

Enfiler les gants blancs mis à disposition rend immédiatement précautionneux et il faut l’être pour rechercher dans ces images d’archives la présence du photographe-fantôme qui peuple certaines pages du livre.

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Elizaveta Konovalova. Crédit Hélène Garcia

Contrairement aux galeries classiques, la scénographie du lieu est vivante, elle bouge en fonction des allées et venues des habitants mais également du point de vue selon lequel on se place.

En effet en visitant l’exposition on découvre la cohérence qui unit les différentes œuvres que ce soit d’un point de vue coloriel, sensoriel ou thématique.

Ici une vue d’en haut sur les travaux de l’artiste Charlotte Boutron, un tapis composé de feuilles de lauriers cousues de fils noirs et blancs qui se flétrit au fil du temps comme pour matérialiser la course perdue d’avance contre le temps; et de l’artiste Justin Morin, sculpture composéé de tissus teints dont la géométrie et la physionomie sont variables, le tissu prenant à chaque endroit où il est placé une forme et une matérialité différente

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Charlotte Boutron, Justin Morin. Crédit Romain Semeteys

Christine Bonnialy