Une grande pièce blanche, faite de hauts murs, une baie vitrée vient clôturer l’espace. Nous ne sommes pas dans un whitecube mais dans l’atelier de Mara Fortunatović, véritable réserve immaculée. Aveuglé par la lumière, l’œil s’adapte et distingue petit à petit les œuvres de l’artiste. Les pièces se détachent peu à peu ; laissant apparaître une gamme chromatique blanche, à mesure que l’on s’attarde sur celles-ci. Aucun indice de l’intervention de l’artiste sur les œuvres n’est présent. Mara Fortunatović pose la question du rapport à l’espace et notamment du rapport au mur, qu’il soit support ou cimaise. Cette relation à l’espace est alors perturbée par les œuvres de l’artiste qui viennent troubler nos perceptions visuelles et spatiales et ainsi métamorphosent le lieu. Sculptures-peintures géométriques, les pièces peintes sont posées contre les parois murales, sans socle, à même le sol, et donnent l’impression de sortir du mur. L’artiste déploie un labyrinthe de lignes et de formes, brouilleur de repères allant jusqu’à douter de la matérialité des pièces qui semblent glisser, s’enrouler ou encore s’ériger dans la pièce. Invitation à s’extraire du temps, les pièces forcent alors le regardeur à l’observation et viennent ainsi replacer le regard non plus sur l’objet mais sur l’existence même de l’œuvre. Beautés brutes, les œuvres minimalistes de Mara Fortunatović forment un véritable théâtre d’ombres, jouant sur l’inframince, où le spectateur devient explorateur d’un territoire silencieux et mouvant.

Crédit Photo © Romain Darnaud

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Le site de l’artiste

Mara Fortunatović est actuellement en résidence au Pavillon des Indes à Courbevoie (92). Elle participe à Private Choice, dans le cadre du parcours privé de la FIAC