Le salon

Le salon de Montrouge est une manifestation annuelle d’art contemporain créée en 1955, et qui est un événement de référence pour la découverte et la promotion d’artistes émergents. Organisé et financé par la mairie de Montrouge, l’accès y est totalement gratuit.

La sélection des artistes se fait sans limite d’âge, tout en respectant une seule condition : ne pas avoir encore intégré les réseaux du marché de l’art (galeries, institutions, etc.). Dans le déroulement des candidatures, le commissaire artistique effectue une première sélection des dossiers (environ 3000), puis sur la base de cette sélection un collège critique choisi à son tour des candidats pour n’en retenir qu’environ 80, qui seront ensuite exposés durant le salon.

La sélection se veut la plus large et éclectique possible, mélangeant toutes pratiques et tendances contemporaines.

Chaque artiste aura ainsi la possibilité de présenter ses œuvres dans un module individuel lors de l’événement.

Pour chaque édition, trois prix sont décernés par un jury de professionnels :

– Prix spécial du Jury
– Grand prix du salon
– Prix du Conseil Général des Hauts de Seine

Chaque lauréat se voit proposer une participation à une exposition personnelle la même année au Palais de Tokyo dans le cadre des modules-fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent ainsi qu’une participation à la biennale itinérante européenne JCE. Ces prix sont dotés de 1000€ et d’une médaille.

Depuis 5 ans, la direction artistique du salon est confiée à Stéphane Corréard, qui a depuis insufflé un fort dynamisme au salon, notamment par la constitution d’un collège critique (critiques, journalistes, commissaires, collectionneurs,…) et par la promotion vers de nouveaux publics.

Chaque membre du collège critique accompagne un artiste et rédige un texte de présentation, qui sera ensuite affiché dans chaque module et dans le catalogue du salon.

Le lieu

Au sens premier, un Beffroi est un ouvrage de charpente destiné à supporter et faire mouvoir des cloches; celui de Montrouge est un bâtiment des années 30 style Art Déco, qui en garde aujourd’hui un certain nombre de caractéristiques de l’époque (fresques, lustres, reliefs, etc.).

Initialement centre administratif, il est devenu successivement  théâtre de la ville puis centre culturel et de congrès en 2012.

L’édition 2014

Cette année la couverture médiatique a été particulièrement forte, avec de nombreuses retombées presse, et un engouement certain des visiteurs.

Pour la 5ième année, la scénographie est assurée par la designer Matali Crasset, avec une prédominance du jaune vif et énergique

A noter l’application innovante et gratuite d’aide à la visite qui accompagne le visiteur tout au long de ses déambulations, avec un système de géolocalisation par ultrasons, mise en œuvre par l’agence « My lucky day ».

Prix spécial du Jury : ex-æquo Louise Pressager et Qingmei Yao

© Louise pressager

© Qingmei Yao, courtesy Salon de Montrouge

Grand prix du salon : Tatiana Wolska

© Tatiana Wolska, courtesy Salon de Montrouge

Prix du Conseil Général des Hauts de Seine : Virginie Gouband

© Virginie Gouband, courtesy Salon de Montrouge

Coup de cimaise

© Colin Guillemet, courtesy Salon de Montrouge

L’installation de Colin Guillemet nous a particulièrement interpellé.

L’artiste présente des cordes en lévitations, telles des serpents charmés par une flûte, posés sur des caissons de transports d’œuvres en bois. En second plan, sur le mur de l’espace, une ligne continue est marquée à 1m57 du sol : cette mesure, importante dans le travail de l’artiste, représente la hauteur standard d’accroche des œuvres dans les musées.

Cette idée est intéressante car elle nous renvoie à la notion même de validation artistique par une institution : un tableau sera « officialisé » et obtiendra son statut d’œuvre lorsqu’il sera exposé.

Cette légitimation du travail artistique est accentuée par ces cordes, charmées par une sorte de force mystique invisible : mais qui donc tire les ficelles ?

Sur le mur continu (à gauche sur cette photo) une image d’archive des Bourgeois de Calais de Rodin (Metropolitan museum, NY) est accrochée, pliée en son milieu et qui coupe la tête à ces pauvres bourgeois…et la hauteur de 1m57 est encore présente.

L’installation, avec ses 6 caisses et cordes fait aussi référence à la sculpture de Rodin, au niveau de la taille et de l’emplacement.

Les charmeurs d’artistes sont-ils à décapiter?

Romain Semeteys

Plus d’information

www.salondemontrouge.fr

http://palaisdetokyo.com/fr/event-type/modules-fondation-pierre-berge-yves-saint-laurent