Les Barreaux / Project Space accueille actuellement un jeune duo d’artistes composé de Liza Maignan et d’Antonin Detemple, tous deux fraichement diplômés de l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse, département beaux-arts, en juin 2016. Pour ce projet Facility Report à la croisée de la résidence et de la création in-situ, ils inventent, ensemble, des dispositifs nourris de captations et d’expériences qui les amènent à produire des formes allant de l’installation à la performance en passant par l’édition. Manipulant systèmes de captation, d’impression, de traduction ou d’interprétation, ils explorent différents états possibles d’une oeuvre d’art et de ses implémentations.

Vernissage mercredi 2 novembre 2016

Antonin Detemple et Liza Maignan

Antonin Detemple et Liza Maignan

Liza, Antonin, comment votre duo s’est-il formé?

L.M- Nous nous sommes rencontrés à l’isdaT il y a cinq ans. Nous sommes aujourd’hui un couple et également un duo d’artistes à mi-temps. C’est de la proximité du quotidien et de l’entraide mutuelle qu’est née cette complicité artistique. Antonin a une pratique de l’installation, de la musique, et de l’in-situ. De mon côté je travaille sur des formes éditoriales et performatives.

A.D- C’est un binôme qui s’est crée naturellement à force d’échanges divers. On se complète, on se nourrit l’un de l’autre des approches plastiques et théoriques de chacun. Ensemble, on ose aller vers des formes nouvelles, au delà de nos pratiques individuelles, qui existent également en parallèle de notre duo.

Votre travail traite des conditions de vie des œuvres d’art. D’où vient cette problématique?

A.D- J’ai travaillé comme régisseur en galerie. C’est un métier où l’on manipule les œuvres : on les déballe, on les accroche, on les remballe, on les fait voyager. Mais parfois, elles sont cassées, mises de côté, il semble qu’il existe même des cimetières d’œuvres! La condition d’implémentation* d’une oeuvre dans des espaces publics (musée, galerie, centre d’art…), n’est qu’une infime partie de la vie d’une œuvre. C’est entre-autre cette proximité intime aux œuvres, dans ce cadre de travail, qui nous a ouvert les portes de cette réflexion.

Antonin Detemple pendant la résidence

Antonin Detemple pendant la résidence

Aujourd’hui, Les Barreaux vous invitent à produire une pièce in-situ. Vers quelles formes va s’axer votre travail dans ce contexte ?

L.M- La première version de Facility Report traitait des conditions des oeuvres dans leur état de stockage, attendant d’être activées. À présent notre problématique bascule puisque nous souhaitons axer notre recherche vers la condition des œuvres sorties de leurs caisses, de nouveaux implémentées, c’est à dire activées par et pour le spectateur.

A.D- Les conditions de vie des œuvres chez le collectionneur sont également intéressantes, malgré que ce soit dans un espace privé, le collectionneur est presque commissaire de son propre appartement, de son exposition privée. La question du spectateur se pose par son absence, et cela influe évidement le rapport à l’oeuvre.

L.M- La vitrine des Barreaux, visible d’un seul point de vue extérieur, nous permet de proposer une nouvelle version de Facility Report, en mettant en application nos recherches, mais en jouant aussi avec les spécificités du lieu.

Des recherches pendant la résidence

Des recherches pendant la résidence

*terme emprunté par Nelson Goodman, in L’art en théorie et en action, 2009, Gallimard

Propos recueillis par Léa Hodencq

Plus d’informations

Au delà de leurs projets individuels ou en duo, Liza et Antonin sont membres du projet  SILO, maison d’édition, label de musique et  lieu de résidence, fraîchement lauréat de la bourse Ornicar.

Vernissage mercredi 2 novembre 2016