Le travail sensible de Florian Mermin est très ancré dans le réel. Observant minutieusement le quotidien, il récupère des éléments végétaux ou des objets issus de la sphère domestique, en les conservant soigneusement pour les révéler plus tard. Ces trouvailles gardent en mémoire les indices d’une expérience vécue. Il associe des matériaux naturels ou des objets vernaculaires, à des sculptures séduisantes en métal forgé, en céramique, en bois, en bronze, ou plus bruts en bois ou en béton.

Florian Mermin, Dressing, 2016, cire, dimensions variables

Florian Mermin, Dressing, 2016, cire, dimensions variables

Florian Mermin, Sand Butterfly, 2014, céramique émaillée,30x25x7 cm

Florian Mermin, Sand Butterfly, 2014, céramique émaillée,30x25x7 cm

Florian Mermin, Table de récéption, 2015, objets divers, dimensions variables

Florian Mermin, Table de récéption, 2015, objets divers, dimensions variables

Bien que très fort, le rapport que l’artiste entretient avec le réel n’est pas direct. La réalité qui l’intéresse est celle qui échappe et qui produit des troubles sensoriels, voire des hallucinations. Les sculptures aux allures surréalistes évoquent des fragments de corps humain ou animal et nous plongent dans une ambiance onirique. Ses pièces sont volontairement trompeuses. Derrière une forme se cache une odeur ou un touché surprenants. Un pot de fleurs se révèle un masque effrayant qui nous séduit par un fin parfum de pétales de rose qui émane de sa bouche. Les pièces à texture rugueuse, brutalement modelées qui gardent les traces du toucher, semblent être en cours de transformation. Jouant avec les matières, l’artiste fait contraster les surfaces brillantes de la céramique émaillée avec de la terre cuite.

Florian Mermin, vue d'exposition de TOANWTS, 2016, L' Amour, Bagnolet

Florian Mermin, vue d’exposition de TOANWTS, 2016, L’ Amour, Bagnolet

Florian Mermin2, Gourmandise, 2015, détail - copie

Florian Mermin2, Gourmandise, 2015, détail – copie

Les notions de la métamorphose, de l’ambiguïté, du dédoublement entre le monde réel et celui du fantastique sont omniprésentes dans le travail de Florian Mermin. Il est très attaché au concept freudien de l’inquiétante étrangeté, de la perception du familier ou de l’intime comme étranger, inconnu, au point d’en être effrayant. L’intérêt de l’artiste pour l’ambigu transparait notamment à travers les motifs de l’araignée et de ses toiles, auxquels il recourt constamment dans son travail. L’image de cet insecte, qui provoque peur et répulsion, est ambivalente. Le vivant et sa transformation, de la naissance à la mort, sont au cœur de ses réflexions artistiques.

Extrait du texte « Il suffit d’une araignée pour faire respirer le béton » écrit par Victoria Aresheva, publié dans le catalogue d’exposition « Vertige en Terrain Plat », Beaux-Arts de Paris les éditions, mai 2016.

Plus d’informations

Le site de l’artiste

Talents

Talents est un repérage documenté d’œuvres et d’expositions, une sélection de travaux les plus inspirants du moment.

Pour postuler à Talents c’est ici